Étendard

 

Seconde partie

"Parce que nous vivons
dans un monde sans frontières
le poète est le gardien du temps."

Sérgio Mattos



POÉSIE VARIABLE

À tâtons dans le noir
le sentiment humain
naît déja anéanti

Vérité cachée
désespoir de sentir
espérant voir
le changement qui ne vient pas

Tout est larmes
l’attente est offusquée
le sol est le même
les hommes aussi
et l’attente de l’espoir est longue.

                              (1966)


PSIU DA SILVA

Pauvres guenilles
qui tremblent dans la nuit
Pauvres de vous
car le vent est cruel
et la pluie tombe
Ton nom?, je ne sais pas
Peut être Chico, peut être Xavier
Psiu da Silva
ou un jean-foutre quelconque.

                             (1967)


INHIBITION

Sans luttes
une lamentation surgie
sans drapeau
L’aliment des héros
serait-il immuable
imprégné de songes
tourmentés?

         (1968)


MÉTAPHORE I

Les arbres qui grandissent
sont des armes révolutionnaires

Discours de protestation?
L’action
est le principe du mouvement.

Masse encéphalique en mouvement
réaction de cause à effet
les arbres qui grandissent
donnent des fruits secrets,
éclatants et pleins de souplesse.

                              (1968)


MÉTAPHORE II

Cimetière des vivants
entre porcs, dans la boue...
L’Homme? Est-il le même.
Fantômes vivants
squelettes ambulants
d’os couverts
par l’épiderme de la vie.

Timides et agressifs
dans la masse de béton
ils commencent à penser.

                    (1968)


MÉTAPHORE III

Disciple qui marche
continuité oscilante
est l'avenir-dans le présent
qui réclame
et s'éveille

Blessure d'argent
union des sexes
avec démagogie partisane

Discussion avortée
l'intervention
est une réalité métamorphosée.

                            (1968)


MÉTAPHORE IV

L’étoile apparue....
Quelqu’un est né
— Les fruits sont énormes
et l’esprit est pourri.

La lumière apparue, brulée
Il n’y eut aucune naissance
— Fruits secs
soufrance inouïe.

                       (1969)


MÉTAPHORE V

Faux rêves
vérité robot
délire du pouvoir
des tribunes de la politique

Quelques uns en rangs,
choisissent le nationalisme

Les autres,
qui tâtonnent de la politique
auto-déterminent
leurs désirs en vérité ...

                      (1968)


OBSERVATION

à Germano Machado   

Triste, mon coeur meurtri
respire, constant et tendre
sans bruit, demeure à contempler...

Triste, mon coeur meurtri
sans pleurs et vanité, montre
au monde attentif
une force funeste:
Sans partis, sans intrigues et sans harmonies

                                  (1969)


SÉCHERESSE

Au milieu de nuages blancs, j’ai chevauché des cauchemars
et chanté comme une cigale en été
J’ai côtoyé des rivières, en un pays de ciel bleu
où le soleil est la vie et la mort

                                           (1970)