Étendard

Première partiie

PLUIE D’ÉTÉ

Éclair
brûlant
Pluie
froide
Tonnerre
dans le coeur
de ma bien-aimée.
L’éclair
l’innonda
tourbillonant
partit
explosa
mourut de nostalgie
dans une nuit
d’ouragan. . .

                   (1970)


SENSATION

Quand je sens la désilusion, je cherche tes mains
qui m’apportent le bien-être et me font frémir.
Indécis, je respire le parfum de ta présence
suspendu, dans les nuées
de l’imagination.

Sur le papier ou j’écris, tes formes s’esquissent
et comme des ombres, je vois ton corps nu
Alors, un pâle sourire illumine mon visage
dans l’instant de te caresser, d’un profond lointain,
j’écoute des voix et des pas
et le battement de la machine à écrire.

L’espace d’un instant, ta nudité disparaît
et mes mains cherchent à refaire le temps.
Un léger frisson envahit mon âme
et un souriant désir
me console, parce que je sais
qu’en rentrant à la maison, sur le lit
je trouverai la chaleur de ton corps.

                                     (1971)


J’AI RÊVÉ D’HORIZONS

Rêvant d’horizons
et vivant entre espaces et virgules,
j’ai parcouru le monde
proclamant des passions
et questionnant l’amour

: (deux points)

Soudain,
je rompus des lances de solitude
sur la citadelle de ton coeur.

                              (1971)


JE T’AIMERAI SANS CRAINTE

Il est bon d’aimer
pendant qu’on vit
mortel fragile
sans forces pour penser.

J’aimerai sans frénésie
comme quelqu’un qui a du temps
murmurant comme on demande pardon.
Je t’aimerai sans crainte,
sereinement.

                                  (1971)


REGISTRE

Un moment d’espérance
et de sérénité
nous envahit. Te rappelles-tu
quand nos regards se croisèrent.
Je sentis la douceur de ta main.
De cette rencontre
que le destin, doucement, nous offrit
une page de vie s’ouvrit
où nos mains unies
virent l’amour fleurir.

                           (1972)


DÉCEPTION

Je connus l’extase d’une passion
portant sur mes épaules, en pleurant
le poids solennel de la déception
de ne m’être pas anéanti dans tes charmes.

                               (1972)


LES CHEMINS DE L’ESPOIR

Dans l’étroit chemin de l’espérance
mon bateau navigue, rondant l’espace
et quand la lumière, rare
attire un temps gelé
mon rêve s’illumine
étranger à sa propre existence
et me porte sans ambages
dans tes bras.
Ma douleur s’est apaisée
et, pendant que tes doigts s’entrelacent
dans mes cheveux,
une étoile réapparaît, infinie.

                               (1973)


LA MUSE

Et voilà que je l’aperçus
sans aucun voile
pleine de grâce.

             (1974)


Il NE SERAIT JAMAIS ASSEZ

J’aimerai un jour arrêter le temps
et tout mettre en place:
Jamais plus personne ne souffrirait
et l’amour ne serait jamais assez.

Si ce jour-là venait
tout le monde s’embrasserait
tous s’aimeraient
écoutant le chant de la mer.

                               (1976)


DIVAGAZIONI

Comme je n’avais pas un arbre
ou tailler ton nom
je l’écrivis dans l’air
avec de la fumée

Charmante
elle parcourut les rues de la ville
pleine de liberté
comme dans un conte de fée.

                    (Zurich, 1976)


DENISE

Si je pilotais un avion de chasse
de l’escadrille de la fumée
je voltigerais dans l’air
j’écrirais dans le ciel
à l’aventure
des lignes en suspension
écrivant pour toujours
ton nom
entre les plus beaux nuages du monde.

                               (1993)