Première
partie
"Le monde est immense et
tient
dans cette fenêtre ouverte sur la mer.
La mer est vaste et tient
dans ce lit et sur la couche d’amour.
L’amour est grand.
Il tient dans le court espace d’un baiser. "
Carlos Drummond de Andrade
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AMOUR
Je perçois
Tu sens
Il sent
Ceux qui ne perçoivent pas
un jour sentiront.
De toutes façons, l’amour ne s’explique pas,
on le sent.
(1967)
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ET
LE VENT PLEURA
Énivré
ton bras éfleurait la mer
D’abord mélancolique
il caressait les vagues
pendant que les feuilles mortes dansaient
Les oiseaux ont
disparus
et le soleil aussi
— la ville est silencieuse —
Ému
le vent commence à pleurer.
(1968)
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MÉTAPHORE
6
Sur Vénus, éffleurée
la volonté du désir explosa
Jailli en spasmes
que le corps reçut
Et dans les entrailles
entr’ouvertes
la vie s’épanouit.
(1968)
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PURE
IMAGE
Dans un monde
indifférent et sans apparences
une obsession inachevée
surgie d’une faible idée
prit possession de mon esprit
à la recherche d’une pure image:
Deux mains unies
Un baiser.
(1969)
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L’ILLUSION
M’APPARTIENT
L’illusion m’appartient
en rêve
et doué d’une volonté de héros
je m’enroule
entre les armes d’une si belle bataille. . .
Fulgurante, l’épée s’est perdue
entre les spasmes
pendant que l’illusion, flottant dans l’espace
j’agitais le drap mouillé d’orgasme
(1969)
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SENTIMENTS
DE L’AMOUR
L’amour doit être
vécu
tant qu’il est vivant
Tout amour naît d’une passion
apparaît impétueux et éclate le coeur
comme un incendie.
Si la passion
s’exhale
elle se maintient
sous la forme d’une amitié
Si elle ne fleurit pas, elle s’évanouit
elle disparaît, au jour-le-jour.
L’amour peut même
être inventé
mais il doit être senti
aimé comme un héros
respiré et éfleuré
Sinon, il ne pourra s’exprimer
et tout se résumera à un grand zéro.
(1993)
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PRÉTENTION
Quand le fruit
de mon sang
pénétrera tes entrailles ouvertes
Je te baignerai
d’un pleur mouillé de tendresse. . . .
(1969)
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NOSTALGIE
Sur le visage,
les empreintes et la majesté
les pétales, une bougie et la flamme
Le coeur contrit
Dans l’espace, près de ton lit, somnolant
prosterné, j’attends ton retour.
(1969)
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L’ÉTREINTE
Dans le sombre
escalier
ma main rencontra ta main
Mon sang eut un frisson
et je pressai ton corps
contre le mien.
(1969)
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SYMPHONIE
D’AMOUR
Des oiseaux nocturnes
chantent
sur le haut des toits
Des nuées blanches, la nuit
passent dans le haut du ciel
Des bras et des jambes dansent
sous la lumière d’ombres
et un murmure de larmes :
— La danse de l’amour est immense.
(1970)
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