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INTRODUCTION
ODE À UN PORTE-ÉTENDARD
Qu’y-a-t-il de commun entre
un archéologue et un alpiniste: la recherche du Beau.
Dans ce moment solennel de la découverte d’un espace vierge
ou d’une profondeur jamais atteinte, réside l’instant suprême
de la création. Et c’est ce que font aussi les poètes. Les
poètes qui atteignent justement l’ordre supérieur d’une certaine
beauté dans le prisme émerveillé de leurs enfances, tissées
d’émotions et de douleurs secrètes. Dans ce Brésil éclaté
de couleurs, de soleil et de musiques qui nous font rêver,
le poète Sergio Mattos, mon ami, nous révèle le chemin de
sa propre Passion à travers l’émouvant souvenir d’un porte-étendard
des carnavals de son enfance.
C’est ce recueil de poèmes.
Étendard d’un poète alpiniste qui s’éleve sur les hauteurs
d’un vertige inconnu pour atteindre les grandes ascensions
de son art. Épopée d’un poète archéologue brûlant d’un feu
souterrain qui consume tout artiste à la recherche de sa propre
profondeur, non seulement pour mettre sa nuit en plein jour
selon un mot splendide de Jean Cocteau, mais pour montrer
au monde, l’agonie créatrice d’un être marqué par la Poésie.
"Le poème est un art vivant" écrit-il quelquepart. Dans cette
condition humaine de s’élever et de descendre sans cesse,
sisyphe implacable, jusqu’aux limites de son art, ce poète
brésilien transforme le monde, appelant l’humanité à sublimer
la vie. Attitudes et méditations auxquelles Octavio Paz et
Pablo Neruda nous accoutumèrent dans leurs respectives poésies.
Tout est dit dans ces poèmes qui dégringolent dans nos coeurs,
laissant ça et là des morceaux d’images bariolées, mais qui
accusent et questionnent aussi.
Enseigne du monde, chaque
poète "est un miroir des beautés et des tristesses de l’humanité",
chantant l’amour, la liberté, la révolte ou la douleur car
il brandit toujours la vérité comme une bannière de lutte
contre l’absurde de ce monde et la folie des hommes.
Dans un Brésil torturé de
ses propres doutes et de son angoissante difficulté d’être,
le poète Sergio Mattos, tout imprégné du romantisme bucolique
de sa terre natale, désespérément humain, reflète avant toute
chose, dans sa poésie variable, "le principe invisible de
l’existence "qui est l’espérance".
Ivan Dorea Soares
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